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Postures & impostures : exposition, Corbas, Le Polaris, du 22 novembre au 21 décembre 2012
la Rumeur libre éditions, Collection Zôgraphia Décembre 2012
ISBN 978-2-35577-043-2
188p. ; 30 x 23 cm, 48EUR

Disponible

Présentation

Le nom Zwgraphia est un composé de mots de grec ancien qui désigne les gestes de peindre et/ou d’écrire le vivant. La collection se donne pour but de constituer un lieu de partage d’une même ferveur pour la fécondité du tracé dans les déroulements de la voix et du regard. La rencontre entre un texte et une oeuvre visuelle pour établir une continuité inspirée de la lettre et de la ligne, l’harmonie d’une présence et d’une écoute de parole. Le livre y est proposé comme un corps de vision qui demande à être éprouvé, le rapport de la lettre et de l’art pour écrire et penser ensemble nos différences. Travailler du chapeau « Laissez-moi continuer mon travail, si c’est celui d’un fou tant pis. » (Vincent Van Gogh.) Les peintres occupés à poser pour leur autoportrait peuvent-il vraiment travailler ? On a beau douter de ceux qui répondent « oui », les preuves sont là, je veux dire : les oeuvres. Quoique sur la toile son pinceau reste suspendu dans le vide, Velasquez a peint les Ménines. Quant à Rembrandt, il réussit à peindre du même coup son portrait et, par anticipation, celui de Gérard Mathie. Ce n’est pas un hasard. Gérard Mathie, qui pose volontiers en peintre autodidacte, est un de ceux qui connaît le mieux l’histoire de la peinture. Il la connaît de l’intérieur : c’est là qu’il vit et qu’il travaille depuis plus de trente ans. Il a choisi pour sujet, non la figure humaine comme on pourrait croire, mais la peinture elle-même, et l’expérience existentialiste d’être peintre. C’est en cela qu’il est un artiste conceptuel. Mais le paradoxe de ce concept-là, c’est qu’il lui impose d’employer tous les outils immémoriaux, toile, châssis, clous, colle, et de travailler l’entière gamme des actes concrets du peintre, de maîtriser les techniques anciennes, et d’inventer les techniques nouvelles. S’agissant d’histoire, il ne pouvait d’ailleurs se cantonner au simple parcours que lui allouait la chronologie. Il a dû engendrer et incarner des peintres plus âgés et des peintres plus jeunes. On ne doute pas qu’il a eu quelque malice à le faire, mais cela lui était de toute façon imposé par l’ampleur de son projet. Le concept, pour se déployer complètement, se devait de prolonger la posture jusqu’à l’imposture. Il l’a fait sans trembler. Chapeau.

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