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Les dates et les oeuvres.  : symbolisme et poésie scientifique
ELLUG, Université Stendhal, Collection Archives critiques Novembre 2012
ISBN 9782843102394
1 vol. (376 p.) ; couv. ill. ; 22 cm, 28 €

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Résumé

En 1923, deux ans avant sa brusque disparition, René Ghil publie Les Dates et les OEuvres, grand ouvrage rétrospectif et se voulant définitif, à forte teneur (et saveur) polémique et autojustificatrice, d’un intérêt majeur. Non seulement, en effet, il y raconte par le menu – de son point de vue, certes, qui est très différent de celui de l’historiographie généralement reçue – les années d’affrontement entre Symbolisme et Poésie scientifique (c’est le sous-titre), de 1883 à 1892, et apporte un éclairage très précieux sur les avant-gardes et les querelles des années 1919-1922, recouvertes ensuite par la grande vague surréaliste; – mais on y trouve, au passage, les portraits de maints protagonistes plus ou moins illustres (Jean Moréas, Gustave Kahn, Stuart Merrill) ; maints éloges de personnages moins connus, mais qui apparaissent comme d’intéressants acteurs de la vie littéraire et intellectuelle d’alors (George Bonnamour et Gaston Moreilhon, Marcello-Fabri, les frères Jamati); maintes anecdotes et évocations (ses visites à Verlaine , sa conversation avec Sully Prudhomme, les Mardis de Mallarmé…); de brèves mais pénétrantes analyses d’oeuvres de poètes ou de critiques les plus divers, et un essai complet sur Mallarmé – non dénués d’admiration sincère, de vivacité et de nuance, et volontiers rehaussés de quelque trait d’humour, quelquefois mordant -, qui en font un ouvrage en définitive fort agréable et passionnant, pour qui s’intéresse à l’époque, ou à son auteur. Les Dates et les OEuvres forme avec les deux essais de 1909 et 1920, repris intégralement dans la même collection sous le titre De la Poésie-Scientifique et autres écrits, un ensemble parfaitement cohérent, marquant l’évolution, l’affermissement et la stabilisation de la pensée la plus personnelle – au moment où elle se dégageait totalement de sa prime gangue symboliste – d’un Ghil que l’on découvre plus serein, mais non moins combatif…

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