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Horizons crépusculaires : aspects de la modernité dans le roman autrichien et le français fin de siècle (1870-1930)
Kimé, Collection Détours littéraires Décembre 1999
464p. ; 21 x 15 cm, 35,5EUR

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Présentation

«Les queues de siècle se ressemblent. Toutes vacillent et sont troubles. (…). Ce phénomène réapparaît tous les cent ans» s’exclame l’un des personnages de Huysmans. Comment définir la fin du siècle dernier ? Entre 1870 et 1930 le roman français comme le roman autrichien manifeste une certaine résistance aux cloisonnements. La modernité, entendue depuis Baudelaire comme une valeur esthétique, permet peut-être de dépasser les limitations historiques, philosophiques et sémantiques. Résolument plurielle, elle est envisagée ici sous l’égide de la crise : crise de la société qui se manifestera par l’affaire Dreyfus en France et celle de l’antisémitisme en Autriche, crise de la culture, crise des représentations du personnage masculin marqué par le sceau de la mélancolie, devenant le lieu de l’exploration de l’inconscient mais aussi du corps au moment où Freud invente la psychanalyse à Vienne ; crise des représentations du personnage qui induit des rapports nouveaux entre le masculin et le féminin : le personnage moderne essaye de se préserver des femmes fatales et de leur préférer les femmes-madones voire de fabriquer des succédanés ou de rêver des sociétés nouvelles où l’angoisse du féminin n’existerait plus. La modernité enfin est inséparable d’une nouvelle poétique de l’espace et du temps : quand l’horizon se voile, les héros se réfugient dans la tour d’ivoire, suspendus, en route pour les voyages immobiles. L’étude comparative porte sur dix-huit romans d’écrivains majeurs ou méconnus : Barrès, Bourget, Gourmont, Huysmans, Lorrain, Louys, Villiers de l’Isle Adam pour la France et Beer-Hofmann, Hofmannsthal, Musil, Rilke, Roth, et Schnitzler pour la modernité viennoise auxquels il convient d’ajouter de timides voix féminines : celles de Rachilde et de Lou Salomé. L’occasion de méditer sur notre propre fin-de-siècle et sur les métamorphoses du roman moderne que l’on fustigeait, encensait ou ignorait déjà il y a cent ans…